Les bénéfices économiques de la performance sociale

La performance sociale est un sujet très vaste qui fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Les sujets de thèse ou les Think Tank sur la thématique ne font que de se multiplier. Mais comment allier performance économique et performance sociale ? L’intérêt croissant pour cette question a mené à la mettre au centre des politiques RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et des nouveaux mouvements managériaux.

Qu’est-ce que la performance sociale ?

S’il est facile de s’entendre sur une définition de la performance économique (le profit généré par l’entreprise), définir la performance sociale est beaucoup plus problématique. Pourtant, cette notion n’est pas nouvelle. En 1985 déjà, S. Wartick et P. Cochran ont défini la performance sociale comme « une interaction […] entre les principes de responsabilité sociale, le processus de sensibilité sociale et les politiques mises en œuvre pour faire face aux problèmes sociaux ». De manière plus pragmatique : une entreprise est socialement performante lorsque le bien-être de ses parties prenantes (salariés, clients, fournisseurs) n’est pas négativement impacté par les conditions de travail de cette dernière.  La performance sociale d’une entreprise est donc directement liée au capital humain de celle-ci.

La dégradation de la performance sociale en entreprise.

Au cours du dernier siècle, et notamment depuis les 30 glorieuses, un déséquilibre du ratio demande/offre a été observé. Cela nous a poussés à passer du diktat « vendre ce qui est produit » à celui de « produire ce qui est vendu ». Cela s’est traduit par une plus grande sollicitation des employés favorisant les situations de mal-être et de burn-out dans les entreprises. Cette dégradation des conditions sociales dans les entreprises sont à l’origine de la montée des revendications de la génération Y et Z qui considèrent désormais leur lieu de travail comme un facteur à part entière de leur bien-être personnel.

La performance sociale : une notion subjective

Bien que l’on ait su établir au préalable une définition de la performance sociale, il est difficile de définir avec exactitude les facteurs impactant le bien-être des salariés. Et cela pour une seule raison : le bien-être est subjectif. Des études sur le bien-être en entreprise permettent de faire ressortir des thématiques communes favorisant le bien-être des collaborateurs (la relation avec la hiérarchie, l’intérêt des missions, la qualité de vie, …). Cependant, là où Jacques accorde une plus grande importance à la valorisation de son travail, Marc souhaiterait une meilleure cohésion de son équipe pour se sentir mieux.

En plus d’être subjective, la notion de performance sociale qui découle directement du bien-être des salariés est soumise à une certaine temporalité. Même si Marc souhaite à un instant T une meilleure cohésion d’équipe, rien en dit qu’une semaine plus tard Marc accorde d’avantage d’intérêt à sa forme physique négligée par les nombreuses heures passées au boulot. La performance sociale de son entreprise est donc une notion a évaluée de manière individuelle et en temps réel.

Les bénéfices économiques de la performance sociale

L’humain est le centre d’une entreprise. Quand bien même la stratégie économique est très performante, s’il n’y a pas d’équipes pour la mettre en œuvre l’entreprise ne peut survivre. Nous préfèrerons d’ailleurs le terme de Relations Humaines au terme Ressources Humaines (RH) qui suggère que l’humain est une ressource exploitable et épuisable comme toute matière première.

Agir pour la performance sociale de l’entreprise, c’est agir pour la performance économique de cette dernière en :

  • Fidélisant ses talents et ses compétences. A chaque salarié décidant de quitter l’entreprise parce qu’il ne s’y sent pas bien, des frais importants pour le remplacer. Communiquer sur le poste à pourvoir, organiser les entretiens, réorganiser la structure le temps de remplacer le démissionnaire sont des étapes très couteuses pour l’entreprise.
  • Diminuant les frais liés à l’absentéisme de ses salariés d’environ 10 %. Un employé qui se sent mal dans une structure développera plus facilement un burn-out ou une dépression. Les coûts de remplacement d’une personne absente restent encore très élevés
  • Luttant contre le phénomène de présentéisme. Le présentéisme, c’est le salarié qui reste des heures devant son ordinateur sans être productif. Contrairement à l’absentéisme, il est difficile de le détecter mais les pertes pour l’entreprise ne sont pas négligeables

En guise de conclusion, prendre soin de ses salariés et de ses collaborateurs équivaut à prendre soin de son entreprise. Alors qu’attendez-vous ? Il n’est pas trop tard.

Les bénéfices économiques de la performance sociale